Elles – 9

Il s’écoulera encore quelques jours avant que Joni ne prenne enfin son courage à deux mains, ne s’en vienne sonner à la porte de son amie, et n’attende, inquiète de l’accueil qui lui sera réservé.

Elle s’est inquiétée pour rien. Elena ouvre, la regarde, reste silencieuse…. Elle la regarde encore, puis ouvre la porte en grand : -Entre, je vais faire du café, va t’assoir dans le salon, nous avons à parler….

Elles passeront la soirée à parler, discuter, rire beaucoup pleurer encore plus, boiront, fumeront jusqu’au petit jour. Puis monteront, la main dans la main, se glisser dans le grand lit d’Elena, où elles s’endormiront après avoir discuté encore un long moment et décidé de faire l’école buissonnière.

Le temps a passé, elles ont eu de longues conversations avec leurs enfants, à qui elles ont juré que rien ni personne ne les remplacera dans le cœur de leurs mères où ils occupent une place privilégiée, et que rien ne changera dans leurs vies. Elles ne se sont pas affichées comme un couple, elles n’ont rien changé à leurs façons de vivre respectives, mais bien sûr, on a vu de plus en plus souvent la voiture de Joni passer la nuit devant chez Elena, et inversement.

Elles ont affronté la tête haute les réflexions malveillantes de quelques esprits étroits, n’ont pas répondu aux provocations des ex-maris, de l’amant volage : elles ont cependant pris la peine d’expliquer à d’autres, ceux qu’elles estiment et dont elles veulent conserver a bienveillance, ou  ceux qui, les connaissant bien l’une et l’autre,  s’étonnaient,  que ‘’Pourquoi elle? Pourquoi une femme ? Ce que je lui trouve ? Elle m’apporte la paix, un monde de douceur. De longs câlins, beaucoup de tendresse, une grande compréhension, une immense communion d’esprit.

J’ai le sentiment de n’avoir attendu qu’elle toute ma vie, dit l’une. Et l’autre ajoute  : elle est ma force et ma lumière.

Puis, ensemble, leurs mots se bousculant, leurs phrases s’enlaçant, comme leurs mains à ce moment précis : « Parce que je suis femme, je peux comprendre son état d’esprit et ses sautes d’humeur. Parce qu’elle est femme, elle peut  aborder avec moi des sujets qu’elle n’aborderait  pas avec un amant. Parce que nous sommes femmes, nous ne nous impatientons pas lors de longues séances d’essayages de vêtements, de maquillage ; (enfin.. presque pas, précisera Elena avec un clin d’oeil vers son amie……)  Elle est mon âme sœur, ma jumelle spirituelle, elle est mon complément. ‘’ Elles rajouteront que ‘’pourquoi forcément tout ramener au sexe ?  Nous nous sommes trouvées sans sexe, ce n’a pas été ce qui nous a rapprochées. On peut s’aimer sans sexe…’’

Voilà, elles l’ont dit, elles l’ont enfin admis : profondément et sincèrement, elles s’aiment ……

 

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8 réponses à Elles – 9

  1. Myo dit :

    🙂
    Moi j’adore les histoires qui finissent bien.
    Elles n’ont rien à justifier en faites. Rien du tout.
    Elles s’aiment et sont heureuses.
    C’est l’essentiel !
    Myo-Flo

  2. jazzy57 dit :

    Voilà qui m’enchante ce dénouement , l’amour triomphant de toutes les épines de l’incompréhension .
    Merci pour cette tres belle histoire d’amour qui comme le dit une de tes amies remet les pendules à l’heure .
    Bon mardi
    Bisous

  3. florence dit :

    Florence – Testé pour vous
    Bonjour…je suis contente que tu aies décidé de les rassembler…séparées, elles n’étaient que moitié, malheureuse, incomplète. Ensemble, elles forment une, un bloc soudé…et oui oui, je suis contente qu’elles se soient enfin trouvées, complétées, assemblées…
    Tu définis très bien l’amour féminin…une compréhension, une douceur, une âme soeur…Lorsque les gens parlent d’homo, de suite ils voient la relation sexuelle…lorsqu’ils parlent d’hétéro, ils voient l’amour relationnel…pourquoi cette différence ? Comme si les homo ne se trouvaient que pour le sexe…c’est con hein ? Alors, oui, oui, bravo d’avoir remis les pendules à l’heure !
    Ah j’ai lu avec délice le commentaire de la queue du chat écrasé…et j’ai rigolé…j’imaginais le tableau, moi qui venait de subir la même morsure 2 jours avant. Je mettais la table. Waza était planquée sous la table. Je ne l’ai pas vue, je lui ai marché sur la queue. Elle miaule (un miaulement de nulle d’ailleurs) et moi je me penche, toute désolée « pardon Waz… » je n’ai pas fini ma phrase car cette conne m’a mordu le doigt…et s’est barré comme une dingue ! J’ai lâché l’assiette que je tenais et boum, sur mon pied…conne de chatte, oui oui, conne de chatte ! La prochaine fois qu’elle met la table, je lui mords la queue…on verra si elle fait toujours la fanfaronne !
    Allez, je file…bises et souris…si si..souris…(je veux dire une souris pour le chat ? ça réconcilie ! hi hi hi)

  4. marinelou dit :

    Une belle histoire et l’essentiel n’est-il pas d’être heureux, je ne vois pas en quoi cela peut gêner les autres du moment que leur entourage est bienveillant…
    Bisous Croc

  5. flipperine13 dit :

    une belle histoire pleine d’amour

  6. Quichottine dit :

    Une magnifique histoire… j’aime.

    … et je suis sûre que c’est vrai, on peut s’aimer sans sexe.

    Je t’embrasse affectueusement. Passe une douce soirée.

  7. fanfan dit :

    une belle histoire d’amour avec la tendresse en plus ; c’est parfait ! Effectivement, il n’y a qu’une femme pour comprendre une autre femme

  8. caramel dit :

    C’est toujours beau une histoire d’amour .
    gros bisous Cath

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