Pour Domi, en E, et Ghislaine, n°28

Pour  Domi, qui nous demande de disserter sur les mots Extase , Estime, Etable, et pour Ghislaine, qui, elle, nous demande de lui livrer ce que nous inspirent les mots Chuchoter, penser, décence, décor, ombre, amer, présence, sage, sénior, campagne, je vais conjuguer encore une fois les deux défis

Je suis maintenant largement senior, mais je n’en ai pas pour autant perdu le goût de longues errances dans la campagne Aquitaine. Il fut un temps où je partais ainsi me baguenauder pendant des heures, suivie de mon ombre fidèle et aimante, ma chienne, aujourd’hui disparue. hebergement d'image<a href=

Il m’arrive encore, au détour d’un bois, ou en vue d’une de ces étables où elle aimait aller renifler des odeurs qui la remplissaient dextase, il m’arrive encore de sentir sa présence. Et s’il m’arrive d’apercevoir au loin, comme dans un décor de cinéma, des biches,hebergement d'image

ou quelques daims, hebergement d'image, je me surprends à chuchoter « pas bouger » pour que ma bestiole ne leur fonce pas dessus pour le plaisir de les voir détaler.

Sa disparition me laisse un goût amer, quand il m’arrive de penser à l’infâme salaud qui l’a empoisonnée. Tant pis si je perds votre estime, (je crois que je n’apprendrai jamais à être sage), mais,  sans décence aucune, et sans honte, j’avoue nourrir encore des pensées de meurtre à son encontre.

Pas d’idée pour le titre …..

Par pure paresse, aujourd’hui, je ferai d’une pierre deux coups en conjuguant le D de Domi, avec les mots Désir, Délire, Dope avec la consigne de Ghislaine : trouver plusieurs mots, au moins 5, commençant par PRE

Lorsque je t’ai connue, nous étions encore jeunes, uniquement préoccupées de nous amuser, pleines d’un grand désir de vivre, tout simplement. Nous avions nos amis et relations , prêts à répondre présents à toute perpective de fête ou de joyeux délire; nous prenions le temps toutefois de nous préserver quelques moments de tranquillité pour reprendre nos forces ou nos esprits lorsque nous avions trop présumé de notre résistance, ce que fût pour de longues soirées bien arrosées, ou d’encore plus longues escapades en randonnée,  ou des parties de baignade dans un lac perdu au milieu des bois, avec nos enfants, préadolescents dont déjà le caractère laissait présager de leurs futures personnalités et rien, à cette époque, ne laissait prévoir que nous pussions être un jour ou l’autre séparées.

Notre amitié m’était infiniment précieuse, mais parfois, ton comportement me laissait pressentir qu’il serait un jour préférable de prendre un peu de distance dans cette presque symbiose. Des extravagances, de plus en plus prédominantes, des prestations prétentieuses, c’est le mot, préludes à une attitude à la fois prédatrice et destructive, de longs prêches incohérents, précédant sans préambule des crises de larmes et des périodes d’abattement, se manifestaient de plus en plus souvent. Je restais désarmée et surtout préparée au pire, quel que ce pire pût être. Jusqu’à ce jour fatidique où tu fus hospitalisée, internée d’office à la requête de tes parents, préoccupés, inquiets, perdus, devant l’évidence : tu étais prisonnière de ton amie préférée mais maléfique la dope.

Et lorsque tu retrouvas ta liberté, tu n’étais plus la même : méchante, aigrie, menteuse, voleuse, pleine de préjugés et d’idées préconçues. Sans précautions, tu prenais plaisir à détruire amis, famille.

Alors, vois-tu, tenant à préserver le souvenir que j’avais d’une grande amitié, lorsque tu commenças à te prélasser à demi-nue devant mes fils et mon compagnon, et pas trop pressée de te laisser me malmener, j’ai préféré prendre mes distances, solution d’ailleurs préconisée par tes proches. Et je ne prendrai pas de détours pour te dire que je préfère nettement que nos relations soient ce qu’elles sont présentement, c’est-à-dire totalement inexistantes !

Liberté ? Égalité ? Fraternité ?

Bon, je suis née ici, à une époque où la vie était vivable.
J’ai grandi ici, la vie était toujours vivable.
J’ai eu la chance de vivre dans des régions encore préservées, notamment l’Auvergne, air pur, nature presque encore sauvage.

Et puis je suis partie vivre ailleurs. Air encore plus pur, aliments naturellement bio, pas d’eau courante, pas d’électricité, mais pas de racisme, ni xénophobie, totale fraternisation entre les différentes religions et certains de leurs dérivés sectaires.

Et puis je suis revenue ici, pour trouver des aliments pollués, trafiqués, sans goût, c’est la plaie du siècle, on s’adapte. Mais je ne reconnais plus la France que j’avais quittée :

Pour avoir à justifier de la provenance de ma nationalité française quand je demande un passeport ou un renouvellement de CNI, en frémissant puisque fille d’un papa immigré, naturalisé, certes, mais pas né en France. Où, jusque dans ma campagne, je note des discours xénophobes, où quand j’annonce « pas d’alcool, pas de porc pour moi », on me regarde d’un oeil suspicieux.

Où un chef d’état, fantôme pâlot, laisse le pouvoir aux mains d’ un individu qui abuse de son pouvoir pour imposer des lois iniques. Où sous prétexte de terrorisme et d’attentats, on renouvelle encore et encore un état d’urgence, que l’on maintient à grands coups de « encore une menace d’attentat déjouée » et où l’on donne par là même encore plus de pouvoirs à la police. Des flics à tous les coins de rue, qui ont de plus, maintenant, le droit de tirer à vue. Dont on se demande, en voyant les actes de torture et de viol dont ces individus déguisés en super héros se rendent coupables, dont on se demande, donc, qui est le plus dangereux ? Le black qui traîne dans la cité? Ou le soi-disant « représentant de l’ordre »? Je me demande : elle est où la liberté ?

Dans un pays soumis à la corruption et aux malversations, où la pauvreté gagne du terrain chaque jour, mais où les puissants et leurs proches empochent sans vergogne les deniers publics, où tel petit bonhomme  passe royalement entre les mailles de la justice, alors qu’un jeune sans abri et sans ressources se voit infliger 2 mois de prison pour le vol d’un paquet de pâtes et de riz, alors même que le malheureux « cambriolé » refuse de porter plainte; Dans un pays où l’on accuse les chômeurs et autres bénéficiaires du RSA et diverses aides sociales de « frauder » et de ruiner l’économie du pays, alors que des ex premier ministres ont largement usé et abusé des ressources de l’état pour partir l’un en week-end dans son château ou l’autre pour aller assister à un match de foot à l’étranger, et cela sans qu’ils ne soient accusés de fraude ou de détournement…. Déjà, au XVIIe siècle, Mr de la Fontaine disait : Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir
Et je me demande : elle est où l’égalité ?

Dans un pays où l’on condamne un paysan pour avoir aidé, hébergé, nourri, soigné des migrants;  où l’on interdit à des bénévoles, qui deviennent par là-même hors la loi,  d’apporter de la nourriture aux migrants bloqués à la frontière franco-italienne; où l’on pose des rochers sous les ponts de Paris pour que les sans-abri n’aient même plus la ressource de s’y réfugier;  où  la police, encore elle, arrache et détruit couvertures et tentes sous lesquelles tentent de s’abriter quelques misérables, alors qu’il fait un froid glacial; où un flic prétend que le terme « bamboula »  est à peu près convenable et où un ancien juge d’instruction prétend que c’est un terme presque affectueux;  où j’ai vu un boulanger refuser de donner « du pain d’hier » à un SDF « t’as qu’à travailler! » et où ce même boulanger m’a regardée de travers lorsque j’ai donné deux pains sur les 3 que j’avais achetés à ce SDF « un pour vous, un pour le chien »; où le commun des mortels fait un  détour pour éviter la personne qui gît sur le sol et surtout si elle est mal vêtue; où des dizaines de familles vivent dans la rue par manque de moyens pour se loger alors que les villes regorgent de bâtiments – administratifs ou privés-  vides;
La Déclaration de 1948 précise : « Tous les êtres humains doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».
Et je me demande : elle est où, la fraternité ?

Bonheur, bizarre, bazar

alphabetPetite participation brève, entre deux cartons, pour cause de déménagement.

Les 3 mots en titre, imposés par Domi (clic) pour le défi de la semaine, me ramènent sur le marché d’Ambanja, appelé Bazar Be, , où je me perdais avec Bonheur, au milieu des fruits et légumes, certains connus, d’autres inconnus et dont l’aspect, aussi bien que le nom, prononcé à la malgache nous ont semblé au premier abord si bizarres :

– le fridzac, qui m’a laissé un souvenir impérissable (clic),

  • le « friapin », traduire fruit à pain,  fruit de l’arbre à pain, sucgrand-frais-fruit-a-painculent, cuisiné comme les pommes de terre, (image Wiki)

 

 

pomme_cannelle– la « pokanel », pomme cannelle, tendre, sucrée, parfumée

 

 

3177949179_1_2_QDWMhpTDle « zamboz », la jambose rouge, appelée aussi pomme d’eau, de la grosseur d’une pomme, à la chair pleine d’eau, pratiquement sans goût, mais qui, consommée fraîche, désaltère merveilleusement. L’arbre a une magnifique floraison rose vif, recouvrant les routes d’un tapis presque fluorescent.

Et puis on s’habitue, et on guette la saison de ces fruits pour les consommer avec délices.

I : Index

Je n’aurais jamais cru, en laissant par Inadvertance trainer mon doigt sous la fenêtre de ma 2CV lorsqu’elle s’est rabattue Inopinément, que  j’aurais pu Instantanément ressentir une douleur d’une violence Inouïe et absolument Indicible, et qu’Il m’arriverait de me retrouver pratiquement Invalide pendant près de trois semaines, faute de pouvoir utiliser ce doigt , mon Index.

Oui, l’index, celui qui nous sert à Indiquer une direction, à désigner un objet, un Individu, un Intrus, celui aussi qui nous sert à suivre les mots sur le livre d’apprentissage de la lecture lorsque nous surveillons les devoirs Imposés par l’Instit’ de nos chères têtes blondes, celui qui donne l’Inclinaison souhaitée au crayon ou au stylo sur la page Immaculée que nous allons noircir (bon, d’accord, maintenant on pianote sur un clavier), celui que j’ai pour mauvaise habitude d’Immerger dans une sauce pour vérifier un assaisonnement, celui qui menace Impitoyablement : « attention, je vais sévir! ».

Inexplicablement, du moins pour moi, pauvre Innocente,  le nom de ce doigt Intervient en qualité de synonyme de divers Inventaires …..

Immanquablement me vient à l’esprit le catalogue  qui porta le nom de ce doigt qui me rendit donc presqu’Infirme, catalogue Instauré par une Eglise Implacable, pour Interdire  certains livres, jugés Immoraux, Ignominieux  ou contraires à la foi, tels  les  pourtant Indiscutables ouvrages de Copernic, Montaigne, Diderot, Rousseau, Descartes, Voltaire, Daniel Defoe, Balzac, Larousse, Kant, Martin Luther, et bien d’autres, aussi Illustres ou d’autres encore qui me sont totalement Inconnus . Pour Information, cet Index librorum prohibitorum fut aboli par Paul VI, mais  Initia l’expression « mettre à l’Index ». Intéressant, non ?

Je ne parlerai pas ici de liste alphabétique, de l’index terminologique, et autres homonymes, qui ne m’Inspirent absolument pas, et dont les définitions rendent Impossible  d’Inclure dans ce billet autant de mots, avec le I pour Initiale, que je le souhaiterais, pour répondre à l’Instigation de Ghislaine dans son atelier N°24 (CLIC)

Amour, Amitié, Absurdité

alphabet          Pour répondre à Domi, qui nous demande  ce que nous inspirent les 3 mots en titre, je serai brève en déplorant l’absurdité de la vie, et de son éternelle comparse la mort,  qui font disparaitre toujours trop tôt ceux que nous admirons, telle cette grande et belle dame que l’on voit sur la vidéo qui accompagne une de mes chansons préférées de Pierre Vassiliu : Amour, Amitié