Zone blanche

Ou tout comme. Je ne suis pas chez moi, je doghomesitte chez une amie et bien que nous soyons supposés recevoir un réseau internet décent, il n’y a aucune connexion possible.

Je pourrais, bien sûr, essayer d’utiliser mon téléphone comme modem, mais outre le fait que j’ai oublié depuis belle lurette comment faire, le réseau téléphonique n ‘est pas beaucoup plus brillant : il faudrait que je prenne tout mon barda, et que je monte sur la dernière restanque pour avoir un réseau décent, et je n’ai ni l’âme ni la légèreté d’une chèvre.

Et quant à trouver un cybercafé, aller jusqu’à Fréjus, uniquement pour un accès internet, bof…..

Je profite donc d’un petit passage at home pour récupérer des pulls, (ben vi, Var ne signifie pas forcément chaleur. Je suis partie par un grand beau temps et depuis une semaine, pluie et quand la pluie s’arrête, le mistral nous amène le soleil et le froid !) Je profite donc de ce bref retour à la civilisation pour faire un coucou et annoncer que ma louve et moi partons en vacances chez mes enfants en Lot-et-Garonne le mois prochain et ne reviendrons que fin août, quand les touristes et autres bobos seront partis. Vous n’aurez donc pas ma visite avant la rentrée, parce que, devinez???? La campagne de Fille chérie est en plein coeur d’une…… zone blanche, une vraie !…..

Passez un bel été !

Escapade

Pour Ghislaine (clic) qui nous demande de caser les mots :
reflets, matin, bord, chapeau, brise, jouer, mettre, emmener et de broder en « couleur »

Nous sommes partis quelques jours, pas très loin : de l‘Estérel au Roussillon ce n’est pas le bout du monde. Mais nous avions envie de nous aérer et d’emmener les chiens au bord de la mer, quelque part où la plage s’ouvre à l’infini sous nos yeux, pas cette horreur bétonnée de la côte d’azur, paradis du bling bling. Partis tôt le matin, sous un ciel d’un gris d’ardoise et une pluie battante, nous avons laissé derrière nous les roches rouges de notre massif, pour aller à la rencontre d’un ciel plus dégagé. Évidemment, nous n’avons pas eu assez de soleil pour avoir à mettre un chapeau, mais le temps fut relativement beau, les nuages chassés par une forte tramontane qui tenait plus de la bise que de la brise ! Mais enfin, la méditerranée d’un bleu outremer, aux reflets changeants, était assez calme pour que les chiens puissent jouer à loisir dans l’eau, pendant que nous arpentions le sable doré, çà et là émaillé du rose vif des fleurs de griffes de sorcière, avalant les kilomètres en faisant collecte de galets et de bois flotté.


Et le soir, retour au gîte, dans la verdure d’une zone maraîchère, avec une vue magnifique sur le Canigó au sommet chapeauté de neige d’un blanc éclatant, nous pouvions apprécier un repos bienvenu autant pour les humains que pour les poilus.

Help !

Pour Ghislaine (clic) il faut caser les mots Récit, courses, sanction, égal, faire, trouver, placer, pensant, et/ou utiliser des mots contenant « cour ».


Pensant sûrement nous amuser, finalement elle nous demande de faire un récit que je trouve orienté vers le sport. Je vais donc essayer de m’acquitter de cette sanction, moi qui éprouve une répugnance sans égale envers tout ce qui touche à la compétition, courses de toutes sortes, ballon etc etc.(J’rigole, hein) Et voilà,malgré tout, j’ai réussi à tout placer, bien qu’ayant l’esprit en court-circuit. Pourquoi? Parce que, en bonne fille, je fais régulièrement les mises à jour quand on m’enjoint de les faire, ne voulant pas courir le risque d’une panne, d’une perte de données, que sais-je ?

donc, je m’arme de courage, et j’entame le parcours du combattant : télécharger les mises à jour. Et quant on vit au milieu des bois, en montagne, le processus est loin d’être court, avec un internet en très très bas débit, à cause des montagnes, du réseau cuivre en bout de ligne . J’aurais plus vite fait de faire 3 fois le tour des 15ha de forêt qui nous entourent, et sans courir !

Bon, ça y est, tout est en place et là, patatras, ma belle humeur tourne court. Mon PC plante lamentablement, les fichiers sont cryptés. J’ai beau recourir aux nettoyages de disque dur, courailler d’un anti virus à l’autre, le discours est le même partout : no souci. Pas d’autre recours que de foncer demander secours chez le technicien le plus proche. Et son verdict tombe : »vilain virus, on garde la machine et on vous appelle quand elle sera prête. »

Et depuis hier, j’attends l’appel du secouriste qui soulagera et mon esprit et mon porte-monnaie …..

En attendant, j’ai ressorti mon autre PC vieux de 8 ans,que je conservais religieusement sur une étagère, et contrairement au rhum, il ne se bonifie pas avec l’âge : le « d » a disparu, j’ai copié cette lettre sur un autre texte et je procède en copié-collé, pratique, j’vous jure! (je voulais écrire vvhisky mais le double V est aussi aux abonnés absents …..)



Printemps !

Presque un an que nous sommes arrivés dans l’Estérel.

J’ai pu voir passer l’été, l’automne et l’hiver et tout d’un coup, le printemps éclate.

Dans la montagne, les bruyères arborescentes forment de véritables murs de clochettes blanches

Dans le parc, le cotoneaster qui a flamboyé tout l’hiver commence à pâlir

Mais , en vrac, je découvre les fleurs, sauvages ou domestiques, qui poussent en totale anarchie, malgré la sécheresse (il n’a pas plu depuis début février): les asters sauvages, les renoncules, les genêts qui éclatent en haie d’honneur, les giroflées fleurissent encore et font toujours le bonheur des abeilles, les iris, les jacinthes, les muscarii, les orchidées, les pervenches qui poussent au milieu du thym, le romarin qui dégouline d’une muraille.

Ma louve

Nelson, mon gros père, est arrivé chez nous, âgé de 8 semaines. Il a grandi avec nous, constamment en notre présence – de l’avantage d’être gardien d’une propriété habitée seulement 2 mois par an par les propriétaires – et son éducation s’est faite toute seule, au jour le jour, Mis à part le fait qu’il a une peur panique des chevaux et qu’il défend farouchement son espace de sécurité, il est au top,

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Il déborde d’énergie, au point que n’en pouvant plus de jouer, se balader constamment avec lui, nous avions pensé peut-être lui trouver un copain ou une copine. Jeune de préférence, ou du moins pas un bébé.

Et puis, en décembre, sur une page dédiée au berger Hollandais, je vois une annonce, pour une chienne âgée de 7 mois, qui cherche une famille d’accueil. Nous avons répondu par retour, et fin décembre, ses maîtres nous ont amené Ouchka.

Et nous sommes allés de mauvaise surprise en mauvaise surprise. Âgée en fait de 1 an, elle est craintive, méfiante, agressive.

Je la prends par le collier, elle mord. Je veux la mettre en laisse ou en longe, elle mord. Elle squatte le canapé, elle grogne et montre les dents, m’interdit de m’en approcher. Elle déchire coussins et accoudoirs des fauteuils, je le lui interdis, grognement, dents découvertes. En voiture, elle mord Nelson, ronge les ceintures de sécurité, ses attaches, les plaids de protection des sièges. Dans le jardin, si elle joue avec Nelson, se promène à nos côtés, elle ne joue pas avec nous, n’a aucun rappel, refuse de rentrer, nous ignore somptueusement.

J’en étais presque arrivée à avoir peur d’elle.

Alors, nous avons investi dans des tonnes de friandises pour chien, et commencé un très long travail d’approche, déployant des réserves de patience et de douceur dont je ne me savais pas capable.

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Aujourd’hui, deux mois et demi plus tard, même s’il y a encore beaucoup à faire, je peux la faire rentrer en la prenant par le collier, elle tourne enfin la tête vers nous quand nous l’appelons, même si elle ne vient pas immédiatement ; je peux me poser sur le canapé ou sur sa couette, à côté d’elle pour des gratouilles sans fin, elle offre enfin son ventre à la caresse. Quand elle joue dehors , il lui arrive de rentrer en coup de vent, se précipiter sur moi, me faire une léchouille et repartir à ses jeux. Si elle entame une entreprise de destruction, maintenant un NON très ferme suffit à la faire cesser, sans rébellion. Elle a décidé que j’étais sa chose, et me garde, vient mendier un câlin, et n’est jamais très loin de moi, sauf pour d’interminables bagarres, ou des courses sans fin avec Nelson.

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Et en voiture, ben…. nous avons investi dans un monospace où Nelson trône sur le siège arrière, dûment équipé de harnais et laisse de sécurité, et d’où il peut surveiller la route, et pour elle, cage de transport dans laquelle elle saute avec enthousiasme, elle sait que c’est synonyme de balade.

De mon côté, j’ai appris à décrypter son langage de grognements : celui de l’invitation au jeu, et celui, impératif de 17h30 : c’est l’heure de manger ! 😀

Reste encore un gros travail : au club canin, où nous les avons inscrits tous les deux, elle est encore affublée du ruban jaune « chien réactif qui a besoin de sa distance de sécurité », tout comme Nelson, d’ailleurs, ni l’un ni l’autre ne supportant que l’un de leurs congénères ne nous approche s’ils sont en laisse à nos côtés, ignorant par contre superbement les humains. Mais en balade et en liberté, ils sont ravis de jouer avec les chiens que nous rencontrons, en balade avec leurs bipèdes. Donc, je suis confiante ..

Et elle fait des progrès constants. Ma louve, dont je ne pourrais plus maintenant me séparer. Avec Nelson, ma paire d’inséparables ….

Non que je cherche des compliments, mais la preuve en est que si les maîtres voulaient bien s’investir davantage, il y aurait moins d’abandons sous prétexte de méchanceté du chien.

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Mora-mora

Pour Ghislaine (clic) qui nous demande de jouer avec les mots Instants, impensable, réalité, destin, fugues, oiseaux, fermer, quitter. Et de nous parler de repos et de tranquillité

Il paraîssait impensable au moment on l’on a décidé de tout quitter, pour aller vivre à Yeur, d’en revenir un jour. Mais il a pourtant fallu, parce que, la vie, les enfants, et leurs enfants sont si loin, parce qu’il faut régler toute cette paperasse nécessaire quand on vieillit, mais se dire qu’on repartira, parce qu’on y a laissé un morceau de son coeur….

Aujourd’hui, il me suffit de fermer les yeux pour m’offrir une fugue et revenir dans cette île magique, pleine de couleurs qui claquent, d’oiseaux inconnus dans notre hémisphère, de fleurs exubérantes, de paysages extravagants , et pendant quelques instants, toujours trop brefs, je fuis la réalité de ce monde trop terne, top violent, trop gris.

Madagascar, vois-tu, est une île qui invite au repos, où la vie s’écoule doucement, lentement. Le premier mot malgache que tu apprends, là-bas, est mora-mora (doucement), Il est universel, dans cette île qui comprend 18 ethnies différentes et autant de dialectes,

Bien sûr, la vie n’est pas toute rose, y règnent la corruption, la sorcellerie, les bandits, la pauvreté, mais si tu sais éviter les villes, si tu sais apprécier la vie en brousse, tu découvres des oasis de calme, de tranquillité, et ma foi, tu fais l’impasse sur le manque d’électricité, d’eau courante, tu te laisses porter par la douce nonchalance qui rythme le quotidien, tu savoures les rires et les chants dans l’allée poussiéreuse qui passe devant ta case, les pêcheurs qui viennent te porter une grosse carangue, les chinois qui te chambrent gentiment, les enfants qui jouent avec trois fois rien, et les gens, ah les gens ……..

Tu apprends la patience, tu deviens philosophe, et comme les indiens que tu côtoies, tu penses Inch’Allah et tu deviens fataliste, tu te dis que ce qui doit arriver arrivera, et tu t’en remets au destin. Alors, même si tu travailles, que tu as la responsabilité d’un hôtel, de 14 employés, tu te sens toujours en vacances, tu as fait un bond de plus d’un siècle dans le passé, et tu vis mora-mora ….

Et tu repenses à l’invitation au voyage de Baudelaire

« Mon enfant, ma sœur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble !
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble !

… /…

Les soleils couchants,

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est la-pirogue.jpg.

Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,


D’hyacinthe et d’or ;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.
 
Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté. « 

La campagne

Pour le défi N° 88 de Ghislaine(clic) qui nous demande de parler de la campagne et/ou d’utiliser les mots :
Appuyé, tronc, effiloché, tenue, pourtant, risque, suite, visite.

La vie à la campagne… Je ne sais plus si j’aime ou si je déteste.

Le calme, la nature, le chant des oiseaux, les champs, les vaches, les fleurs, ça, c’est le côté idyllique.

Pourtant, la campagne, ce n’est pas que cela. Dans certain village de ma connaissance, au fin fond de la campagne Aquitaine, la vie s’est arrêtée au siècle dernier. Bien sûr, la technologie y est arrivée, on y voit même des voitures, mais les mentalités….

Ami qui viens en visite, si tu es étranger au village, ne prends pas le risque d’avoir une tenue qui, si elle te plaît à toi et si tu t’y sens à l’aise, te vaudra des regards appuyés sur ta tignasse ébouriffée, ton sac à franges, tes pataugas effilochées, ton blouson en patchwork… Et les commérages iront bon train sur ton âge, ton comportement, ta façon de bouger, de parler, tes fréquentations. Et si par la suite, tu restes vivre dans ce joli petit village, séduite par la joie de vivre de cet homme que tu as rencontré lors d’un concours de lancers de troncs, attraction phare d’un festival champêtre, et qui deviendra ton compagnon, là, peut-être, on t’acceptera, à la longue….. Peut-être…..

La vie dans un petit village de campagne , vois-tu, s’accompagne d’une longue période d’acclimatation, tu resteras longtemps l’étrangère, jusqu’au moment où l’on apprendra que ton arrière grand-père est enterré dans ce joli petit cimetière, là-haut, sur la colline. Et on te dira enfin « ah, mais tu es d’ici, alors ? »

Que sont mes amis devenus ?

« Que sont mes amis devenus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés »

Le 2 mars, Clo, notre belle ottomane aurait eu 70 ans. Elle nous a quittés bien trop tôt, et elle me manque toujours. Nous ne nous sommes jamais rencontrées « en vrai », mais via nos blogs, ou par email, nous avons entretenu de longues conversations, nous avions tant de points communs : l’amour des chiens et la détestation de ce que peuvent leur faire subir les humains, les bidouillages de photos, et nos statuts d’expats nous rapprochaient encore.

Pourquoi je viens parler d’elle ici? Parce que, parce qu’elle me manque, parce que je ne l’oublie pas, parce qu’elle est toujours dans mes contacts sur certains réseaux sociaux et ceux-ci viennent me rappeler son anniversaire. Parce que, lorsque je suis particulièrement fière d’un bidouillage photo, j’aimerais pouvoir lui demander son avis. Parce que, parce que, vous êtes quelques uns à l’avoir connue et aimée…. parce que j’avais envie de parler d’elle, simplement.

Ce qui m’amène aussi à avoir une pensée pour notre vieux complice, Jean-Marie, révolutionnaire, gouailleur, poète, qui avait rencontré Clo dans sa chère Turquie, et que j’avais eu la chance de connaître, et de partager avec lui de grands fou-rires et de saines indignations. Son esprit nous a quittés, il vit dans son monde, et lui aussi me manque. Je n’ai plus de nouvelles, j’ai perdu le numéro de téléphone de sa femme au cours de mes errances, et je me dis que c’est peut-être mieux ainsi…

Mes chers amis, vous me manquez et je me dis que c’est aussi cela, vieillir, voir grandir ce vide que laissent ceux qui partent….

L’attente

Pour l’image citation N°42 de Jazzy (clic)

“Attendre c’est presque toujours espérer” Marcel Achard

Chez nous, à Madagascar, l’essentiel des transports se fait en taxi brousse, véhicule collectif qui transporte indifféremment vélos, motos, voyageurs, monceaux de colis et de marchandises.

Pas d’horaires fixes, le taxi brousse passera….ou pas, selon qu’il a été arrêté au poste de contrôle par un gendarme pointilleux, ou qu’il sera tombé en panne sur la piste et sera dépanné, peut-être, un jour. Alors on l’attend, et on espère sa venue…..

A une amie chère bien que virtuelle

Pourquoi n’allais tu pas très bien ce jour là ? Parce qu’il est des jours où c’est comme ça, et c’est peut-être justement parce qu’on ne va pas très bien ce jour là, qu’on peut évacuer ce qui nous dérange, qu’autrement on aurait peut-être gardé pour soi,

Et cela te permet de parler crûment et franchement , Tes mots, ce jour là, ils auraient pu être les miens, de ces coups de ras le bol dont je suis coutumière,

Pourquoi écrire encore ce qui te plaît, ce qui te fait rêver alors que le laid et l’horrible font recette ? Parce que, ma chère amie, il faut des gens comme toi, pour nous démontrer qu’il y a encore des personnes qui ne se plaisent pas que dans l’ignoble, des personnes qui se laissent aller à de la douceur, à de la magie,

Parce qu’on a besoin de rêveurs pour pouvoir continuer à rêver, sinon à quoi bon ? Et tes rêves insensés, pas si insensés que cela, sont tellement agréables à lire.

Et s’il faut, pour rencontrer le succès, te prostituer et oublier ce qui fait justement le charme de ta plume, oui, retourne sous ta couette ! D’autant que le succès est bien là, à preuve notre présence, à tous, qui te visitons régulièrement.

Je ne nie pas que j’ai sur mes étagères quelques polars bien noirs, des thrillers qui font dresser les cheveux sur la tête, qui m’ont tenue en haleine jusqu’au bout de certaines nuits d’insomnie. Insomnie due à ces romans qui m’ôtaient le sommeil ? ou tout simplement cette parfaite incapacité à dormir qui nous prend quelquefois, où l’on roule des pensées, pas toujours roses, qui nous tiennent éveillés, alors on se plonge dans un bouquin, Et, en sortant de ces affreuses histoires, on se dit que finalement tout n’est pas si noir dans le monde réel.

Mais j’ai aussi, sur la dernière étagère, des romans, catalogués par les éditeurs à la couleur de leur tranche, et celles-ci sont roses,,, des romans où il ne se passe rien, mais où il y a une magie des mots, des histoires de gens qui se rencontrent et qui vivent au jour le jour, et que leurs différences amènent à se compléter. Pas des romans à l’eau de rose, avec amours torrides, non, des histoires de tous les jours, qui apportent de la douceur, des histoires qui sont jolies, tout simplement, tout comme dans ce joli film, vieux de 15 ans maintenant, « sous le soleil de Toscane », qui relate le retour à la vie et au bonheur d’une jeune femme et d’une maison, je suis certaine que tu l’aimerais, si tu ne l’as pas déjà vu. Et ces romans, vois-tu, ils me suivent partout, je les relis avec toujours autant de plaisir, Et souvent, si j’ai aimé tel livre de tel auteur, j’aurai un mal fou à aimer la suite de sa production. Et je m’attire parfois les foudres d’amis lecteurs ou de mon charmant bibliothécaire, en disant que l’on sent bien que cet auteur écrit maintenant seulement pour remplir un contrat, tout comme tel peintre surfera sur la vague de sa renommée.

La peinture, parlons-en, la peinture, pour moi, vois-tu, c’est pareil. Je ne suis pas fan de la peinture moderne, pour moi, un tableau doit me parler. Mon grand-père m’a fait connaître et aimer les impressionnistes anglais, l’art de la lumière de de la Tour (j’avais d’ailleurs utilisé la reproduction de « le nouveau-né » comme faire-part pour la naissance de mon fils)… Souvent, au cours de mes balades, je reste saisie devant un paysage, que j’aimerais pouvoir le peindre, me l’approprier, comme l’ont fait Whistler ou Turner ! Par contre, je reste totalement imperméable à Kandinsky, où à une bonne partie de l’œuvre de Picasso, Mais il m’arrive parfois, en passant devant une galerie, de m’arrêter longuement devant une toile abstraite exposée en vitrine, parce le le mouvement, les couleurs , me touchent, et je me dis que j’aimerais pouvoir, en 3 coups de pinceaux, toucher le coeur d’un passant.

Et il m’est arrivé récemment de prendre la route pour aller acquérir la reproduction d’un pastel dont je suis tombée amoureuse et qui trône au dessus de ma bibliothèque, et dont le jeune vendeur est tombé des nues quand je lui ai confié mon coup de foudre, alors que lui pensait que je m’étais déplacée pour le cadre (très joli, c’est un fait, ancien, à la peinture dédorée, mais bon….).

Voilà, ma chère amie, ce que tes mots m’inspirent et surtout, surtout, ne change pas, continue de rêver pour nous laisser le plaisir de venir rêver chez et avec toi.