Que sont mes amis devenus ?

« Que sont mes amis devenus
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés »

Le 2 mars, Clo, notre belle ottomane aurait eu 70 ans. Elle nous a quittés bien trop tôt, et elle me manque toujours. Nous ne nous sommes jamais rencontrées « en vrai », mais via nos blogs, ou par email, nous avons entretenu de longues conversations, nous avions tant de points communs : l’amour des chiens et la détestation de ce que peuvent leur faire subir les humains, les bidouillages de photos, et nos statuts d’expats nous rapprochaient encore.

Pourquoi je viens parler d’elle ici? Parce que, parce qu’elle me manque, parce que je ne l’oublie pas, parce qu’elle est toujours dans mes contacts sur certains réseaux sociaux et ceux-ci viennent me rappeler son anniversaire. Parce que, lorsque je suis particulièrement fière d’un bidouillage photo, j’aimerais pouvoir lui demander son avis. Parce que, parce que, vous êtes quelques uns à l’avoir connue et aimée…. parce que j’avais envie de parler d’elle, simplement.

Ce qui m’amène aussi à avoir une pensée pour notre vieux complice, Jean-Marie, révolutionnaire, gouailleur, poète, qui avait rencontré Clo dans sa chère Turquie, et que j’avais eu la chance de connaître, et de partager avec lui de grands fou-rires et de saines indignations. Son esprit nous a quittés, il vit dans son monde, et lui aussi me manque. Je n’ai plus de nouvelles, j’ai perdu le numéro de téléphone de sa femme au cours de mes errances, et je me dis que c’est peut-être mieux ainsi…

Mes chers amis, vous me manquez et je me dis que c’est aussi cela, vieillir, voir grandir ce vide que laissent ceux qui partent….

L’attente

Pour l’image citation N°42 de Jazzy (clic)

“Attendre c’est presque toujours espérer” Marcel Achard

Chez nous, à Madagascar, l’essentiel des transports se fait en taxi brousse, véhicule collectif qui transporte indifféremment vélos, motos, voyageurs, monceaux de colis et de marchandises.

Pas d’horaires fixes, le taxi brousse passera….ou pas, selon qu’il a été arrêté au poste de contrôle par un gendarme pointilleux, ou qu’il sera tombé en panne sur la piste et sera dépanné, peut-être, un jour. Alors on l’attend, et on espère sa venue…..

A une amie chère bien que virtuelle

Pourquoi n’allais tu pas très bien ce jour là ? Parce qu’il est des jours où c’est comme ça, et c’est peut-être justement parce qu’on ne va pas très bien ce jour là, qu’on peut évacuer ce qui nous dérange, qu’autrement on aurait peut-être gardé pour soi,

Et cela te permet de parler crûment et franchement , Tes mots, ce jour là, ils auraient pu être les miens, de ces coups de ras le bol dont je suis coutumière,

Pourquoi écrire encore ce qui te plaît, ce qui te fait rêver alors que le laid et l’horrible font recette ? Parce que, ma chère amie, il faut des gens comme toi, pour nous démontrer qu’il y a encore des personnes qui ne se plaisent pas que dans l’ignoble, des personnes qui se laissent aller à de la douceur, à de la magie,

Parce qu’on a besoin de rêveurs pour pouvoir continuer à rêver, sinon à quoi bon ? Et tes rêves insensés, pas si insensés que cela, sont tellement agréables à lire.

Et s’il faut, pour rencontrer le succès, te prostituer et oublier ce qui fait justement le charme de ta plume, oui, retourne sous ta couette ! D’autant que le succès est bien là, à preuve notre présence, à tous, qui te visitons régulièrement.

Je ne nie pas que j’ai sur mes étagères quelques polars bien noirs, des thrillers qui font dresser les cheveux sur la tête, qui m’ont tenue en haleine jusqu’au bout de certaines nuits d’insomnie. Insomnie due à ces romans qui m’ôtaient le sommeil ? ou tout simplement cette parfaite incapacité à dormir qui nous prend quelquefois, où l’on roule des pensées, pas toujours roses, qui nous tiennent éveillés, alors on se plonge dans un bouquin, Et, en sortant de ces affreuses histoires, on se dit que finalement tout n’est pas si noir dans le monde réel.

Mais j’ai aussi, sur la dernière étagère, des romans, catalogués par les éditeurs à la couleur de leur tranche, et celles-ci sont roses,,, des romans où il ne se passe rien, mais où il y a une magie des mots, des histoires de gens qui se rencontrent et qui vivent au jour le jour, et que leurs différences amènent à se compléter. Pas des romans à l’eau de rose, avec amours torrides, non, des histoires de tous les jours, qui apportent de la douceur, des histoires qui sont jolies, tout simplement, tout comme dans ce joli film, vieux de 15 ans maintenant, « sous le soleil de Toscane », qui relate le retour à la vie et au bonheur d’une jeune femme et d’une maison, je suis certaine que tu l’aimerais, si tu ne l’as pas déjà vu. Et ces romans, vois-tu, ils me suivent partout, je les relis avec toujours autant de plaisir, Et souvent, si j’ai aimé tel livre de tel auteur, j’aurai un mal fou à aimer la suite de sa production. Et je m’attire parfois les foudres d’amis lecteurs ou de mon charmant bibliothécaire, en disant que l’on sent bien que cet auteur écrit maintenant seulement pour remplir un contrat, tout comme tel peintre surfera sur la vague de sa renommée.

La peinture, parlons-en, la peinture, pour moi, vois-tu, c’est pareil. Je ne suis pas fan de la peinture moderne, pour moi, un tableau doit me parler. Mon grand-père m’a fait connaître et aimer les impressionnistes anglais, l’art de la lumière de de la Tour (j’avais d’ailleurs utilisé la reproduction de « le nouveau-né » comme faire-part pour la naissance de mon fils)… Souvent, au cours de mes balades, je reste saisie devant un paysage, que j’aimerais pouvoir le peindre, me l’approprier, comme l’ont fait Whistler ou Turner ! Par contre, je reste totalement imperméable à Kandinsky, où à une bonne partie de l’œuvre de Picasso, Mais il m’arrive parfois, en passant devant une galerie, de m’arrêter longuement devant une toile abstraite exposée en vitrine, parce le le mouvement, les couleurs , me touchent, et je me dis que j’aimerais pouvoir, en 3 coups de pinceaux, toucher le coeur d’un passant.

Et il m’est arrivé récemment de prendre la route pour aller acquérir la reproduction d’un pastel dont je suis tombée amoureuse et qui trône au dessus de ma bibliothèque, et dont le jeune vendeur est tombé des nues quand je lui ai confié mon coup de foudre, alors que lui pensait que je m’étais déplacée pour le cadre (très joli, c’est un fait, ancien, à la peinture dédorée, mais bon….).

Voilà, ma chère amie, ce que tes mots m’inspirent et surtout, surtout, ne change pas, continue de rêver pour nous laisser le plaisir de venir rêver chez et avec toi.

Faits d’hiver, faits divers

Pour le défi N°87 de Ghislaine (clic), il faut conter un fait divers d’hiver et/ou utiliser les mots : Ame, état, mal, être, corps, rendre, vent, idée.

L’hiver se termine, bientôt, espérons le.

Cette saison si cruelle pour les plus mal lotis, ceux qui n’ont pas la chance dêtre logés, plus ou moins confortablement, mais logés.

Avoir un toit sur la tête, qui protège du froid, du vent, du gel, de la pluie. Savoir qu’il y aura un lieu, pas forcément à létat neuf, mais un endroit où l’on peut se rendre, pour se reposer le corps et l’âme, est-ce trop demander? Ces milliers de pauvres gens, sans ressources, pour certains sans patrie, qui ne connaissent que la peur, la peur du lendemain, la peur de la violence, la peur des violences policières, ces femmes qui tremblent pour leurs enfants, peuvent-ils espérer que ces nantis égoïstes, imbus de leur pouvoir, sans coeur, qui siègent au gouvernement, auront enfin un jour l’idée de réquisitionner tous ces bâtiments publics désaffectés pour enfin faire disparaitre cette misère, pour loger ces pauvres gens qui n’ont pas tous choisi de vivre dans la rue?

Rien que depuis le début de cet hiver, combien sont morts de froid, de faim ? Combien alimenteront encore la rubrique faits divers par leur disparition dans la plus totale indifférence des pouvoirs publics?

Ecoutez ce petit jeune, il le dit mieux que moi, avec ce clip tourné dans cette ville que j’ai tant aimée, Lyon :