La lettre au Père Noël

Notre chef de gang, la révérée Domi nous a lancé un défi, le mois dernier : écrire une lettre au Père Noël, en utilisant les mots suivants :

schnock, schtroumpf, splendeur, amour, boursicoter, fraternité,envol, magie, national, famille, neige, poupougnette, vomir, puer, encollé, foutoir.

 Mes co-défieurs ont réussi de jolis billets pleins de tendresse, d’humour, d’émotion. Difficile de rester dans la magie avec un pareil vocabulaire,  en ce qui me concerne, voici donc ma prose, et je remercie bien humblement les téméraires qui ont voté pour elle. Et, Domi pourra en témoigner, je ne pensais pas obtenir ne serait-ce qu’une seule voix !

Père Noël,

Comme tous les ans, je sacrifie à la tradition, pas que vous écrire, cher vieux Schnock m’enchante, mais il faut bien entretenir la magie pour les tout petits, et les moins petits d’ailleurs.

Alors, je me fais le porte-parole de toute la petite famille pour vous transmettre leurs souhaits, que je vous restitue dans toute leur splendeur, et parfaitement réalisables:

N°1 -8 ans -voudrait que sa petite sœur arrête de vomir partout chaque fois qu’elle est contrariée, et, dans un grand élan de fraternité, vous demande de lui apporter une cuvette à bretelles que l’on pourrait ainsi lui faire porter en permanence, ce qui éviterait à tout le monde de patauger dans des flaques innommables ;

N°2 – 6 ans – souhaite visiter votre atelier, pour savoir enfin si c’est vous qui fabriquez la neige, et pourquoi, dans ce cas, vous vous débrouillez pour qu’il n’y en ait pas partout le jour de Noël;

N°3 – 6 ans aussi, aimerait que Poupougnette, le perroquet du grand-père meure enfin, parce que, je cite “c’est pas permis de puer autant de la g…..”

N°4 – 6 ans également – (oui, il y a des triplés, l’amour que leur papa porte à leur maman ayant eu cette conséquence inattendue), voudrait savoir si la bistouquette du grand schtroumpf est bleue ou rouge, photo à l’appui.

N°5 – la choupinette de 4 ans – voudrait avoir des ailes de fée, pour pouvoir prendre son envol lors de votre passage, et vous aider à finir la distribution de cadeaux;

La maman de cette adorable tribu, me demande s’il est possible d’intercéder pour obtenir de “cet encollé de fils de pâte”*** qu’est son mari, qu’il arrête enfin de boursicoter dangereusement, laissant en permanence la famille au bord de la faillite. Lequel rétorque qu’il a l’esprit national et qu’un jour, grâce à ses investissements, il participera au redressement économique de son pays.

Voilà, je vous laisse vous débrouiller avec tout ce foutoir et je vous souhaite bon courage.

La grand-mère épuisée.

Note de la rédaction : pour ceux à qui l’expression marquée de 3*** pourrait paraître curieuse, je précise qu’une plaisanterie a couru sur la toile récemment, selon laquelle les correcteurs d’orthographe des téléphones refusent les gros mots, les corrigeant à leur manière. L’encollé de fils de pâte est donc l’orthographe suggérée pour en…é de fils de p..e, que l’on pourrait traduire en bon français par « sodomisé de fils de péripatéticienne », évidemment moins évocateur  pour les utilisateurs de cette poétique insulte….

Religion et langage

Bien que n’étant ni croyante, ni pratiquante, j’émaille mes phrases d’expressions émanant directement de la religion.

D’où je tiens ça ? Aucune idée mais le fait est là :

* C’est ainsi, que parlant d’un heureux temps, je dis fréquemment : « cette époque bénie » ;

* Pour me moquer gentiment  – ou moins gentiment, d’ailleurs – je qualifie de « saint ou sainte », une administration,  un parti politique, sans parler du Saint Frusquin ou de la saint Glinglin ;

* Soupir excédé et yeux au ciel : « Seigneur ! » ;

* Quand quelque chose arrive que je n’attendais plus, par exemple une chambre bien rangée chez les nains, à l’époque pas si lointaine où ils vivaient encore avec nous : « Dieu existe ! «  ou Alléluia ! «

* Récemment, je me suis aperçue que je disais aussi, « Allah est grand », mais ça, c’est à force d’avoir vécu parmi des musulmans, de même que le « Inch Allah » me vient spontanément aux lèvres, grâce aux mêmes fréquentations..

* J’ai perdu l’habitude, que j’ai gardée longtemps, de soupirer « Jesus Christ ! » pour un truc impensable (avé l’accent anglais « Djizeus Krwaïst », résultat de longues années dans une province d’ Angleterre : Eymet, Dordogne !)

* Sans oublier le « bloody hell », dans les cas accablants………

* Quelque chose qui me fait succomber : « à se damner » ou, « pur péché »

* La rage totale : « que le diable patafiole »  au choix et suivant les cas : les flics, les paysans, les mômes, le gouvernement, les vieux de 90 ans, au volant de la dernière golf et qui roulent au milieu de la route, à 30 à l’heure – rayer la (ou les )mention inutile…….

* Une envie folle de quelque chose : « je vendrais mon âme pour…………… ». (en général, ça s’applique au chocolat)

* Quand mes mômes se plaignent d’une corvée, d’un rhume : « tu gagnes ta place au paradis, mon gars – ou ma fille ! »

* Renforcer une fin de phrase : « que diable ! »

* Et le juron fétiche de mes grands-parents, dans les jours de grande indignation : « Putain de moine! »

Et vous ? Quels tics de langage ?

Cher Père Noël …..

Domi nous demande d’écrire une lettre au Père Noël.(clic)

Je suis désolée d’être dans la totale incapacité de rédiger cette lettre, pour les raisons suivantes :

(N.B.Je viens de retrouver ceci, écrit il y a des lustres.
Tout à fait de saison, et toujours d’actualité, alors je vous le ressors………)

A l’atelier du vieux Noël, ça chauffe :
– Bon, nous y sommes, tout est prêt ?
– Ben, euh, non, pas complètement !
– DE QUOI ? COMMENT CA, PAS COMPLETEMENT ? Dois-je vous rappeler, les enfants, que nous sommes le 9, que dans 16 jours des millions, que dis-je, des milliards d’humains vont jaillir de leurs lits pour se précipiter sous leur sapin, voir ce que nous avons déposé, et nous ne sommes pas tout à fait prêts ? Non mais je rêve ! Qu’on m’explique ! braille Noël en se frappant le front ….
Ben, euh, tu sais, Noël, en France, ca va mal……….
– Ouais, et alors ? Raison de plus pour essayer d’apporter un peu de joie. Et puis la crise ……en quoi ca nous touche, ça ? On n’a pas besoin d’essence, que je sache, on n’a pas de compte bancaire non plus, on est d’office immunisés contre la grippe, enfin j’espère, vous êtes des rennes, alors la grippe aviaire on s’en fout ………. Alors, franchement, je vois pas : la crise, ça nous concerne? Oui? Et comment, s’il vous plait, alors que nous sommes 100% bénévoles ?
– Ben euh………y’a eu la grève des postes, parce que les bureaux de poste se font cambrioler à tour de bras, alors on n’a pas eu le courrier, répond Rudolph, en faisant des ronds dans la neige avec son sabot ; pi, ya les mecs qui dirigent la France, là, ils ont renforcé une loi comme quoi il faut pas conduire quand on a bu, en plus, avec la peur du terrorisme, ils sont en état de siège, en bas, alors …………….
– Ouais, et alors ? rugit Noël
Ben, moi, avec mon nez rouge, dès que je sors, ya une armée de mecs en bleu qui me font souffler dans un ballon, alors entre les barrages anti-nez rouge aux check points, et les vigipirate où on se fait arrêter tous les 3 pas dès qu’on ne ressemble plus à Monsieur Toutlemonde, moi, tu parles, pour aller chercher toutes les lettres; on peut pas envoyer les elfes pour les mêmes raisons, maintenant que les flics ont les pleins pouvoirs ……………
– Et tu ne pouvais pas le dire plus tôt ? parce que j’y serais allé, moi, à la poste ! On fait quoi, maintenant ? On en est où ?
– C’est ça!! Avec ton grand manteau rouge, ta barbe et ta hotte sur le dos, mon pauvre, tu te retrouves en garde à vue illico presto !! Passons ….
Alors…………. Pour les enfants, on est parés : en nous basant sur le nombre d’enfants de l’an dernier, puis en comptant que les Français regardent moins la TV tellement elle est déprimante, puis qu’ils se couchent plus tôt pour économiser le chauffage, rapport aux augmentations, on a tablé sur toute une fournée de nouveaux bébés, on a mis les nains au travail, on a embauché de la main d’œuvre : tous les gens qui sont sans logis , que les cravatés d’en bas sont infoutus de loger, on les a récupérés pour bosser avec nous. Ils sont ravis : ils sont au chaud, ils rigolent, ça les change ……….
– Bon, si les mômes sont servis, c’est le principal. Ca coince, où, alors ?
– Ben c’est les adultes ………… les nains envoyés en mission d’espionnage pour remédier au courrier pas reçu disent que les adultes demandent du travail, des sous, la combinaison gagnante au Loto, la fin de la crise, des grèves, des guerres, du terrorisme, de la peur, la disparition du Fhaine, enfin rien que de trucs que nous on peut pas fournir………
– Wé, je vois, mais c’est le boulot de Dieu, ça. Transmettez lui tout ce fatras.
– Ben, Noël, on a essayé, mais c’est fermé chez lui.
– Putainunaise de bordelazar de merde ! (oui, Noël sait être très grossier, on vous l’avait pas dit, ça?), comment ça, fermé ?
– Ben oui, fermé. Avec un panneau sur la porte :
« les humains sont trop c……….. ils ont oublié les mots paix, fraternité, ils ont oublié la définition de ce qui pourtant est en principe l’essence même de leur existence : l’humanité. Toute une bande de barbus font régner la terreur, réduisent femmes et enfants en esclavage, et rien ne les arrête. Alors moi, je suis EN GREVE ! »

Y – Shelby

DomY nous demande une rime en Y….

Shelby, elle s’appelle Shelby.
Elle a quitté ce fauteuil pas du tout cosy,
Elle a tiré sur  son panty,
Ajusté son bodY en vichy,
Défroissé sa jupe en fancy.,
Puis elle est partie, très French lady
Pour débarquer du ferry
Qui l’a transportée avec son buggy
Vers le deck en hickory
Du club country
Où se déroule une party
Sur musique de jazz et de heavy.

On y boit sherry, brandy
et des litres de whisky.
Ca ne lui coutera pas un penny
Mais l’alcool la rend groggy,
Alors elle boira du jus de papaye
Que lui propose un cipaye
Enturbanné comme à Bombay.

Elle rencontre une très belle hippy
Vêtue de liberty
Qui répand des effluves de curry
Et dont l’accent cockney
Dévoile qu’elle ne fait pas partie de la gentry,
Mais dont le mari, as du rugby
Est membre du rotary.

Shelby soudain défaille
Il est temps de dire bye bye
Pour retourner dans l’arrière pays
Loin, là-bas, au fin fond du Quercy.

366 réel – 10 au 15 avril

366

10 avril : tout ce qui brille.

….. N’est pas forcément réel. Je viens de passer de joyeux moments dans le jardin, dont je suis revenue les pieds trempés, à essayer d’immortaliser le si joli prisme formé par la réflexion du soleil dans les gouttes de rosée. Chou blanc. Je sais, l’œil n’est pas objectif, contrairement à celui de l’APN, mais je suis têtue comme une mule. Et cela me fait penser à la visite du musée Dali à Figueras, lorsque j’ai essayé de photographier un magnifique tableau représentant Gala , et mon APN s’entêtait à me restituer un portrait de Lincoln. Dali était quand même un génie ! Comment a-t-il fait pour peindre deux tableaux en un, dont un visible à l’œil nu et l’autre seulement à travers un objectif, ou à distance ? (j’ai dépassé les 100 mots, tant pis!)

11 avril : moment professionnel

Aujourd’hui ? Etat néant. Depuis que nous sommes rentrés de Madagascar, je cours derrière les offres d’emploi. Mais voilà : trop jeune pour être retraitée, trop vieille pour être salariée, absente de France pendant 7 ans, de plus, là, c’est la totale. J’ai l’impression de porter sur mon front une pancarte : « Vieille peau qui a fui son pays bien aimé, tant pis pour elle ! »

12 avril : ils vont bien ensemble.

Ce superbe leggings blanc, que je viens de trouver,   pour porter sous cette grande robe/tunique, longue, bleu gris, toute brodée et incrustée de pierreries, achetée dans une boutique Tamoul, là-bas, à Yeur, en période de Ramadan. Cela compose un très bel ensemble, importable ici pour aller faire mon marché – je vois d’ici l’œil rond du péquenaud cité précédemment – mais ma foi, à la maison…… Oui, de nombreuses musulmanes de Madagascar, lors du Ramadan, arborent de magnifiques tenues, toutes en voiles aux couleurs douces, chatoyantes, irisées, brodées, de vraies tenues de princesses indiennes. A la sortie de la mosquée, les rues prennent un air de Bollywood.

13 avril : une pièce particulière

De théâtre : en faisant un petit ménage sur mon gros disque dur dédié au cinéma, je viens de retrouver « Potiche ». Pas le navet infâme dans lequel se sont compromis Deneuve, Depardieu, Luchini (qu’allait donc faire ce dernier dans cette galère?) mais le vrai, le bijou, la pièce de théâtre avec une Maillan explosive et magnifique. Je me colle au lit avec l’ordi ce soir, et je me le déguste tranquillement.

14 avril : sacs.

Le printemps a l’air bien installé, changeons de sac. Abandonnons le sac d’hiver, grande besace en cuir noir, à franges, âgé d’une bonne quarantaine d’années, à moi offert pour mes 50 ans par ma girl friend, souvenir de sa folle jeunesse de motarde, (il est là – clic) pour le très classe et très classique sac seau de Monsieur Vuitton. Non je ne frime pas, mais je suis ravie de ce sac, un vrai Vuitton, trouvé à la fripe à Madagascar !

NOTE : nous sommes dans les cartons, les valises, pas trop le temps de passer sur vos blog, mais je vais me rattraper dans les prochains jours, promis !

366 réels – 25 au 29 mars

366

25 mars – un air en tête

Ca tombe bien – ou mal, mais bref, depuis plusieurs jours je me réveille en chantonnant l’excellent, lucide et sans pitié « Homme ordinaire »

Moi, j’suis qu’un homme ordinaire
Mari fidèle et exemplaire
Je vis en couple depuis dix ans
Je suis le père de trois enfants
J’ai une bonne situation financière
Un bon métier, un bon salaire Lire la suite