Elles …. pourquoi cette histoire ?

Cette petite histoire m’a été inspirée après une longue et âpre discussion, via internet, avec une personne que je croyais être une presqu’amie et qui s’est révélée, lors de la médiatisation du mariage pour tous, être une homophobe virulente, allant jusqu’à accuser les homos, garçons ou filles, d’être de dangereux pervers, étant homos par pur vice. Cette personne refusait toute discussion et refusait de comprendre que, non, Lire la suite

Elles – 9

Il s’écoulera encore quelques jours avant que Joni ne prenne enfin son courage à deux mains, ne s’en vienne sonner à la porte de son amie, et n’attende, inquiète de l’accueil qui lui sera réservé.

Elle s’est inquiétée pour rien. Elena ouvre, la regarde, reste silencieuse…. Elle la regarde encore, puis ouvre la porte en grand : -Entre, je vais faire du café, va t’assoir dans le salon, nous avons à parler…. Lire la suite

Elles – 8

Quelques heures plus tard, passant devant le pub du village, elle voit Joni, seule, au coin du bar, sirotant un verre de vin. Elle ne réfléchit pas, entre en lançant comme à l’accoutumée un grand « salut tout le monde », elle entreprend la tournée de ses amis et connaissances, distribuant bises, tapes sur les épaules et poignées de mains, pour finir par venir s’échouer sur le tabouret voisin de celui de Joni, dont elle a délogé l’occupant sans cérémonie. Elle entame la conversation, sautant du coq à l’âne, comme elle a l’habitude de le faire, mais elle n’évoquera pas la conversation qu’elle a eue avec sa sœur, se contentant de parler tout à fait innocemment de tout et de rien, jusqu’à ce que Joni pose brutalement son verre et lui demande tout aussi brutalement, à grand renfort de gros mots  : Lire la suite

Elles – 7

Et, de jour de travail en week-end paresseux, arrive tout doucement le mois de décembre….. avec le traditionnel repas de fin d’année, qui aura lieu cette année au bord de la mer. Ainsi en a décidé le grand chef, le patron, qui a réservé repas et chambres dans une auberge au bord de l’eau. « Elle n’est pas grande l’auberge, annonce-t-il, il faudra partager les chambres …. Bah, c’est la fête, on aura l’impression de retourner en pension…. » Et c’est une bande de cinquantenaires en goguette qui envahit la calme auberge, de joyeux lurons qui ne pensent qu’à s’amuser. Elena et Joni se mêlent gaiement aux festivités, prennent part aux jeux de colin-maillard, aux devinettes et quizz divers qui se déroulent avec de grands éclats de rire. Lire la suite

Elles – 6

Elena et Joni se voient souvent, ont de longues discussions à bâtons rompus, font mieux connaissance. Elles font ensemble de longues promenades dans la campagne, accompagnées parfois de leurs enfants. Joni et sa fille mourront de rire le jour ou Elena, promenant en laisse son rottweiler  au bord d’un lac, suivra le molosse dans l’eau, n’osant pas lâcher la laisse. Ensuite, trempée et hilare, accompagnée d’une Joni tout aussi hilare, elle ira s’affaler à la terrasse du café du village, elle et son molosse dégoulinant copieusement. Fantaisistes et sans complexes, elles n’hésitent pas à danser ensemble de longs slows langoureux pour décourager les mâles qui leurs font des avances plutôt lourdes lorsqu’elles sortent en boite avec des amis, au grand amusement de ceux-ci. Lire la suite

Elles – 5

L’amant un temps délaissé au profit des sorties avec Sarah, a très mal accepté de voir Joni vivre sans lui, heureuse apparemment ; il se venge maintenant en se faisant désirer, ne répondant pas au téléphone, croisant Joni sans daigner lui accorder en regard. Elle échoue souvent en larmes chez Elena, ne comprenant plus ce qui se passe autour d’elle, ne comprenant plus se ce qui lui arrive : « je suis perdue. Que mon mari ait une liaison, je l’admets, je ne suis pas fidèle, et notre mariage est bel et bien mort. S’il n’y avait pas ma fille, nous aurions déjà divorcé. Mon amoureux… ah lui, je savais que je ne pourrais pas lui faire confiance, mais il me fait mal, tu sais, de me traiter de cette façon. Mais je ne comprends pas… je ne comprends pas… je me sens si vide. Ma vie n’a pas changé beaucoup, mais je me sens vide, je te le répète… j’ai l’impression de n’avoir pas d’avenir, je ne sais plus ce que je fais ici…. »

Elena écoute et se tait. Elle sait, elle. Elle a compris que ce qui manque à son amie est la présence de Sarah. Joni s’appuyait sur elle, pour s’étourdir et oublier ses amours malheureuses, elle la savait fragile, cette grande femme à l’allure si fière. Mais elle n’en parle pas. Si Joni n’en a pas conscience, tant mieux. On ne sait pas si Sarah reviendra au village…

En attendant, elle est là, elle accueille Joni quand celle-ci vient s’épancher chez elle, elle lui rend visite dans sa nouvelle maison si celle-ci l’appelle… Oui, sa nouvelle maison. Le mari est parti vivre avec sa nouvelle conquête, Joni a mis sa maison en vente et en a acheté une autre, plus récente, plus fonctionnelle, plus excentrée aussi, ainsi elle ne voit pas passer la voiture de l’amant inconstant devant ses fenêtres…. Alors elle se refait doucement une vie, elle se crée une nouvelle existence, elle sort un peu, reste chez elle beaucoup, accompagne se fille de ‘parties’ en matches de basket ;  elle se donne à fond dans son travail et rapidement on entend à nouveau ses grands éclats de rire, ses exclamations…..  Ses « Fuck » recommencent à scander la vie du cabinet, elle revit…

Son amoureux est revenu, attentionné, plein de projets. Il va divorcer, il va vendre son vignoble,  ils vont acheter un château en Espagne – au sens propre – et vont créer une activité de B&B hors du commun. Joni y croit, elle écume l‘internet pour trouver LA propriété, n’écoute ni Elena, ni Lou ni ses autres collègues qui lui conseillent la prudence. Le seul point noir, leur dira-t-elle, est leur sexualité. « Sex with him is difficult » lâchera-t-elle un jour, dans un grand soupir. Il est égoïste, n’écoute pas Joni, ni son corps. Si elle a le malheur de vouloir prendre une initiative ou suggérer un geste qu’elle aimerait , il se retranche dans une dignité offensée « et alors,tu veux dire que je suis incapable de te satisfaire ? pourtant, j’en connais qui en redemandent » Alors Joni se sent frustrée, émotionnellement et sexuellement. Un jour, dans un grand élan de solidarité, ses collègues féminines lui suggèrent d’écrire une lettre à cet homme machiste et de lui exposer franchement ses désirs, ses goûts, puisqu’elle ne peut pas les dire à haute voix.

 –Mais, objecte-t-elle, je suis incapable d’écrire tout ça en français

– Pas de problème, écris en anglais et Elena traduira, tranche Lou

Elena fit ce jour là, d’énormes progrès en vocabulaire sexuel. Son anglais s’étant jusqu’ici très peu appliqué à cet aspect de la vie, elle demanda l’aide de ses collègues, mais elles ont eu rarement l’occasion de s’exprimer en français sur cet aspect de la vie. Elles expliquèrent tant bien que mal, allant parfois jusqu’à mimer.  Elle connut  ce jour-là des fou-rires comme on en a rarement dans une vie. De même que les filles du cabinet, au grand dam de leur patron qui aurait bien voulu connaître les raisons de ces grands éclats de rire, que les filles refusèrent farouchement de divulguer. Tout comme Joni refusa par la suite de leur raconter le résultat de sa longue missive…. Même à Elena, dont elle est pourtant maintenant proche, elle refusera de dire quoi que ce soit.

A suivre

Elles – 4

Bien sûr, elles rendent visite à Elena, qui les accueille bien volontiers et qui intègre Sarah à son cercle d’amies. Un peu inquiète toutefois de cette grande amitié qui lie « sa jumelle » qu’elle sait fragile à la jeune anglaise. Elle tait prudemment ses doutes, observe, les accompagne en sorties, se souviendra encore des années après, avec un sourire attendri, de certains repas au restaurant ou elles, les 3 femmes, encore jolies, encadrent un Sean grisonnant, lui d’un calme olympien, et elles agitées comme des gamines. Elle se souviendra aussi avec reconnaissance Lire la suite

Elles – 3

Et puis arrive Sarah. Sarah est anglaise, elle et son mari viennent d’acheter une maison dans un bourg proche et demandent à Joni de les aider à refaire peintures, papiers peints, lambris, planchers. …. Sarah est âgée d’une jeune quarantaine, elle est belle, souple et féline, élégante et capable d’une extrême vulgarité; de grands yeux de chat qui s’étirent vers les tempes, un sourire qui peut être carnassier autant que séducteur lui confèrent un charme tout particulier. Lire la suite

Elles – 2

Bientôt, Joni passe par des périodes d’euphorie et d’abattement, dues à cet homme qui la fait rire souvent… et la fait pleurer plus souvent encore, chaque fois qu’il ne se rend pas à un rendez-vous qu’il a pourtant fixé lui-même, chaque fois qu’elle le voit faire le joli cœur au restaurant du village, en l’ignorant somptueusement…. Alors elle se lance à corps perdu dans la décoration d’intérieur. Elle refait sa maison de fond en comble, elle prouve qu’elle a un goût certain, des idées originales, et un immense savoir faire ; peu de temps s’écoule avant qu’elle ne soit sollicitée pour décorer les « homes » de tous ces anglais nouvellement arrivés au village, et qui ont acheté de vieilles et charmantes propriétés qui menaçaient ruine. Lire la suite